Un équipage de douze activistes propalestiniens espère accéder à l’enclave gazaouie par la mer et ouvrir un «corridor maritime». Greta Thunberg fait également partie des passagers.
Le navire humanitaire Madleen, en route vers Gaza pour «briser le blocus israélien», va poursuivre sa course malgré l’ordre donné par Israël à son armée de l’empêcher de rallier le territoire palestinien, ont affirmé dimanche les militants à son bord, parmi lesquels l’eurodéputée LFI Rima Hassan et l’activiste suédoise Greta Thunberg.
«Nous resterons mobilisés jusqu’à la dernière minute – jusqu’à ce qu’Israël coupe Internet et les réseaux», a déclaré l’élue franco-palestinienne Rima Hassan, jointe par l’AFP à bord du Madleen, actuellement dans les eaux égyptiennes. «Nous n’avons pas peur» des Israéliens, a de son côté affirmé l’activiste allemande Yaesmin Acar, qui figure parmi les douze passagers, les autres étant six Français, une Suédoise, un Brésilien, un Espagnol, un Turc et un Néerlandais. «Le message qu’ils nous envoient (…) ne nous fait pas reculer», a-t-elle ajouté.
Le navire, qui se trouvait à 16 heures à 150 miles nautiques de Gaza selon un live sur Telegram, est parti d’Italie le 1er juin pour «briser le blocus israélien» du territoire palestinien ravagé par 20 mois de guerre entre l’armée israélienne et le mouvement islamiste palestinien Hamas, et y livrer une cargaison d’aide.
«Vous n’arriverez pas à Gaza»
Plus tôt dimanche, le ministre israélien de la Défense, Israël Katz, a annoncé avoir ordonné à l’armée israélienne de l’«empêcher (…) d’atteindre Gaza». «J’ai donné pour instruction à Tsahal d’empêcher le navire Madleen d’atteindre Gaza. À Greta l’antisémite et à ses compagnons, porte-voix de la propagande du (mouvement islamiste palestinien) Hamas, je dis clairement : faites demi-tour car vous n’arriverez pas à Gaza», a déclaré le ministre dans un communiqué de son bureau.
«L’État d’Israël ne permettra à personne de briser le blocus maritime de Gaza, dont l’objectif principal est d’empêcher le transfert d’armes au Hamas, une organisation terroriste meurtrière qui détient nos otages et commet des crimes de guerre, a-t-il ajouté. Israël agira contre toute tentative de briser le blocus ou d’aider des organisations terroristes, par mer, par air ou par terre.»
Sur X, les militants ont affirmé en réponse attendre une «interception et une attaque d’Israël à tout moment», et appelé leurs gouvernements à les protéger. «Nous sommes douze civils (…) pas armés», a souligné Rima Hassan s’inquiétant d’un manque de réaction des pays d’origine des militants à bord.
Le ministre chargé des Français de l’étranger, Laurent Saint-Martin, a affirmé dimanche que les six Français à bord bénéficiaient «de la protection consulaire qui leur est due», sur la télévision France 3. Dix experts de l’ONU ont appelé le 2 juin à la mise en place d’un couloir de sécurité pour permettre au voilier d’atteindre Gaza.
Six Français à bord
Six Français sont présents sur ce bateau affrété par la Coalition de la flottille pour la liberté (Freedom Flotilla Coalition), un mouvement pro-Palestinien né en 2010. Rima Hassan, l’eurodéputée LFI proche de Jean-Luc Mélenchon, est la personnalité française emblématique du groupe. Autour d’elle se trouvent deux journalistes, Yanis Mhadi et Omar Faiad, qui travaillent respectivement pour le média en ligne de gauche Blast et la chaîne Al-Jazeera.
Plusieurs activistes français sont également du voyage : Pascal Maurieras, un marin encarté à la CGT, Reva Viard, un militant écologiste anti-A69, resté perché 39 jours en 2024 en haut d’un platane pour s’opposer à son abattage, et Baptiste André, présenté comme médecin. Le reste de l’équipage est multinational, on y trouve la Suédoise Greta Thunberg, une Allemande, un Hollandais, un Brésilien, un Turc et un Espagnol, tous dévoués à la cause palestinienne.


