Contrairement à une annonce du secrétariat du Conseil du Trésor en février, les fonctionnaires syndiqués travaillant pour Immigration, Réfugiés et Citoyenneté Canada (IRCC) n’auront pas à retourner au bureau quatre jours par semaine dès le mois de juillet. Le Ministère évoque un manque d’espace.
Dans une note interne obtenue par Radio-Canada, le Ministère indique que les employés syndiqués devront se présenter au bureau trois jours par semaine à compter du 6 juillet. Une de ces journées devra être soit le lundi, soit le vendredi.
Cette annonce survient moins de 48 heures après que le président du Conseil du Trésor, Shafqat Ali, a déclaré que le retour au bureau des fonctionnaires était un « succès ».
Il s’agit d’une mesure temporaire pendant que nous travaillons avec nos partenaires du gouvernement du Canada afin d’acquérir l’espace nécessaire à la mise en œuvre complète de l’orientation du Conseil du Trésor.
Le mémo envoyé aux employés précise que le Ministère continuera de réévaluer régulièrement [la] répartition des espaces de travail, dans le but de passer à quatre jours de présence au bureau dès que cela sera possible
.
Selon les plus récentes données du gouvernement, 11 148 fonctionnaires travaillaient pour IRCC en 2025.
Photo : (Francis Ferland/CBC)
Les gestionnaires d’IRCC devront, pour leur part, se présenter au bureau quatre jours par semaine à compter du 6 juillet.
Le Ministère parvient toutefois à respecter la demande du secrétariat du Conseil du Trésor pour ses cadres supérieurs, qui doivent se présenter à temps plein au bureau depuis lundi.
Cette approche nous aide également à mieux répartir la présence au bureau tout au long de la semaine et met en évidence le rôle de nos chefs d’équipe, qui doivent montrer l’exemple
, indique IRCC dans sa note.
Les employés d’Immigration, Réfugiés et Citoyenneté Canada auront pour la plupart des postes de travail non désignés
.
Notre objectif est de procéder de manière pratique et prévisible, tout en tenant compte de nos contraintes d’espace actuelles.
Le mois dernier, Affaires mondiales Canada avait également pris la décision de repousser l’entrée en vigueur du retour au bureau à quatre jours.
Des syndicats plaident pour la flexibilité
Le président de l’Institut professionnel de la fonction publique du Canada, Sean O’Reilly, n’est pas surpris
par le revers d’IRCC.
Il n’y a pas suffisamment d’espaces de bureau pour répondre aux exigences du mandat de retour au bureau
, selon le leader syndical.

Les plus importants syndicats de fonctionnaires fédéraux dénoncent depuis plusieurs mois le manque d’espaces de bureaux.
Photo : Radio-Canada / Maxim Saavedra-Ducharme
M. O’Reilly accuse le gouvernement d’avoir une approche mal avisée [qui] compromet l’efficacité et la stabilité du travail de la fonction publique dans son ensemble
.
La présidente nationale du Syndicat de l’Emploi et de l’Immigration du Canada, Rubina Boucher, s’attend néanmoins à ce que d’autres ministères fassent des annonces similaires dans les prochaines semaines.
Ce report du retour au bureau démontre que l’approche du gouvernement n’est pas bien pensée et risque de coûter encore plus cher aux contribuables, alors que les fonds publics pourraient être mieux utilisés en réduisant l’empreinte immobilière fédérale plutôt qu’en l’étendant.
Pour M. O’Reilly, maintenir les objectifs de retour en présentiel alors que les espaces et les lieux de travail sont insuffisants va à l’encontre du bon sens
. Il réitère que le gouvernement devrait suspendre le retour au bureau et consulter les syndicats.
La présidente de l’Alliance de la Fonction publique du Canada, Sharon DeSousa, est d’avis que le gouvernement perd le contrôle
. Une chose est plus claire que jamais : le gouvernement doit abandonner cette directive
, insiste-t-elle.


