Pas besoin d’avoir réussi des études postdoctorales à Harvard pour comprendre les enjeux psychocriminels et embarquer dans Indéfendable : sans trace, la minisérie « hors-série » de la plateforme illico+, qui ramène les quatre avocats de la défense les plus sollicités du réseau TVA.
Publié hier à
Car Indéfendable : sans trace n’est pas un « spinoff » à proprement dit comme l’a été Alertes : Pelletier avec l’enquêteur Guillaume Pelletier (Danny Gilmore), extirpé du téléroman Alertes le temps de six épisodes ensanglantés à la campagne.
Indéfendable : sans trace ressemble davantage à une parenthèse qui aurait pu être diffusée cet hiver ou à quelques semaines de la finale de la dernière saison, qui a sérieusement amoché le détective privé Maxime Dubois (Mathieu Baron).
Léo Macdonald (Sébastien Delorme), Mélodie Dominique (Naïla Louidort), André Lapointe (Michel Laperrière) et Kim Nolin (Julie Trépanier) renfilent tous leur toge noire pour ces huit nouvelles demi-heures d’Indéfendable : sans trace, dont les quatre premières ont été mises en ligne sur illico+ la semaine dernière. Les quatre autres épisodes s’ajouteront au catalogue jeudi, et aucune date de diffusion sur les ondes « régulières » de TVA n’a été communiquée.
Dans nos écrans, la facture visuelle d’Indéfendable : sans trace reste la même, le rythme des intrigues ne bouge pas non plus. C’est de l’Indéfendable linéaire et conventionnel, sans grande valeur ajoutée, mais accessible sur une plateforme numérique payante plutôt qu’à la télé traditionnelle gratuite.
Là où ça se complique – légèrement, quand même, ça demeure du feuilleton –, c’est que deux anciens méchants clients du cabinet Lapointe, Macdonald et Nolin ressortent des boules à mites et remettent leurs habits de psychopathes de banlieue.
Il s’agit du masculiniste Marc Durand (Olivier Lamarche, le Dieu cornu de Sorcières), qui avait poignardé une auteure féministe en direct sur ses réseaux sociaux, ainsi que l’étrange Ian Archambault (Nico Racicot), qui avait (ou pas) empoisonné deux itinérants en leur faisant boire des smoothies au cyanure de sodium.
Deux personnages déjà connus et complètement fêlés, qui ont occupé beaucoup de temps d’antenne d’Indéfendable à l’automne 2025 et à l’hiver 2026. Même si c’est hyper simple à suivre, Indéfendable : sans trace s’adresse clairement aux fidèles qui ont engouffré les 480 épisodes du téléroman de TVA. Voici donc un bonbon pour les fans avant le retour officiel de la quotidienne le lundi 7 septembre à 19 h.
PHOTO FOURNIE PAR ILLICO
Léo Macdonald (Sébastien Delorme) renfile sa toge noire dans Indéfendable : sans trace.
Une nouvelle personne détraquée s’ajoute à notre duo de sadiques libérés, soit la joaillière de 28 ans Mégan Martineau (Joan Hart), qui forme avec Ian Archambault un couple diabolique à la Karla Homolka et Paul Bernardo. Il n’y a rien de subtil ici. Ian et Mégan jouissent quasiment en lacérant, à la lame de rasoir, le corps de l’une de leurs victimes, qu’ils aspergent ensuite de vinaigre blanc. Divulgâcheur : oui, ça brûle.
Passionné par la souffrance et la déesse grecque (Nyx) de la nuit, je n’invente rien, Ian Archambault conserve un registre des tortures, qu’il note minutieusement dans un petit carnet noir qu’il ne faudrait surtout pas oublier sur les lieux du crime, n’est-ce pas ?
Et quoi de mieux qu’une scène à la Breaking Bad, avec des masques chirurgicaux en tissu, pour dissoudre un corps humain dans un bain d’acide, dont l’eau frémit grâce à l’ajout de produits chimiques achetés à la quincaillerie du coin ?
L’auteure et cocréatrice d’Indéfendable, Izabel Chevrier, ramène aussi la nounou Farah Dumont (Isabelle Miquelon), qui a été reconnue coupable d’avoir secoué à mort le poupon de 1 an qu’elle gardait. Trois mois après son incarcération, Farah désire entamer un processus de justice réparatrice avec les parents endeuillés, et on se demande si Mélissa Désormeaux-Poulin ne va pas débarquer ici et nous parler du célèbre bistro-boutique Entre ciel et bières.
Mea culpa pour ce gag prévisible. Heureusement, ce volet « bonjour, pardon, merci » ne s’étire pas, même qu’il se ferme de façon super dramatique. Par contre, à l’image des Mea culpa, Indéfendable : sans trace nous sert un solide jeu de mots brassicole en filmant une scène de repas arrosé devant une affiche du « malt nécessaire ».
L’aspect comique d’Indéfendable passe toujours par la détective Claude Gagnon (Nathalie Madore), autant efficace que mémère. Le criminaliste Sacha Therrien (Michel Charette) apparaît également dans quelques scènes où il gaffe en salle de cour, mais on sent que son côté plus bouffon et brouillon a été atténué. Et c’est tant mieux.
Si vous regardez religieusement Indéfendable, il n’y a aucune raison que vous détestiez son prolongement en format hors-série. Il s’agit de la même recette d’origine avec plusieurs sauts et retours dans le temps, des prises de vue en accéléré de la ville de Montréal, du bla-bla de corridor, des causes inspirées d’histoires vécues, des procureurs de la Couronne dépassés (coucou, Me Biron), des policiers sans prénom, des juges souvent exaspérés et des autos d’ALBI le géant.
Et comme d’habitude, les avocats du cabinet Lapointe, Macdonald et Nolin mangent toujours leur petit lunch, une feuille de laitue à la fois, ou un bleuet à la fois, dans leur minuscule espace-cuisine à trois tables. Certains classiques ne se démodent pas, faut croire.
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